Pensées vagabondes… 1. Restos du Coeur et COP-21

On lance cette semaine la 40e campagne des Restos du Cœur et la 21e COP.

L’un lancé par un clown, l’autre par les Grands de ce monde : le clown fait rire, le con fait rance. Le clown déplaçait les foules et les rassemblait, dans des salles comme le Bataclan. Les Grands de ce monde ont consigné les Parisiens chez eux et dispersé les manifs : il faut faire place !

Regarde le derrière du clown ! Derrière le clown, on voit des milliers d’étoiles : tous des enfoirés. Derrière les Grands de ce monde, la COP-21 fait suite à la COP-20, qui faisait suite à la COP-19… Pourvu qu’elle débouche sur un peu plus que la décision déjà prise d’organiser la COP-22. Pourvu qu’on puisse vivre, un jour, la COP-121 !

Un jour, les Grands de ce monde lanceront une « Conférence sur la Pauvreté ». Cette conférence serait idéalement organisée dans une grande ville du monde, ensoleillée et dotée de nombreux commerces, avec toutes les facilités aéroportuaires et hôtelières, une bonne gastronomie, un service d’ordre impeccable et de nombreuses hôtesses d’accueil.

La solution du clown, c’est de nourrir les pauvres, de les soigner, de les vêtir et de les éduquer. On nous expliquera que cette solution n’est pas acceptable. Les Grands auront des grands mots, le clown avait des gros mots. Les grands chercheront une solution définitive et raisonnée : la solution finale au problème Pauvres. J’ai peur. Ils nous diront que la solution réside dans une
implication participative et progressive des Pauvres dans le système maquereau-économique mondial (j’ai écrit une connerie ?). In extenso, cette solution signifie le remplacement des esclaves morts par d’autres esclaves, préparés d’avance à cet effet. Il faudra mettre en place des stages de formation !

La Première semaine de la Conférence sur la Pauvreté sera animée par des ex-pépères, qui dresseront le bilan de ce que chacun peut voir, nous expliqueront doctement que des solutions existent et qu’un accord est atteignable. Au cours de cette semaine, plusieurs millions de personnes mourront de faim, de froid et de maladies qu’on sait facilement guérir. La deuxième semaine sera animée par des représentants des Chefs d’Etats, pour procéder aux arbitrages nécessaires. Ils nous expliqueront doctement qu’il existait des solutions, qu’un accord était atteignable, mais que la situation globale a compliqué les arbitrages, rendant nécessaire l’organisation d’une deuxième Conférence sur la Pauvreté. Au cours de cette semaine d’arbitrages, plusieurs millions de personnes mourront de faim, de froid et de maladies qu’on sait facilement guérir.

Est-ce que je crois en Dieu ? Je crois, je sais, mais beaucoup doutent de sa présence. Douter que quelqu’un puisse être présent, n’est-ce pas déjà affirmer qu’il existe ?

Est-ce que je crois en l’homme ? Je vois bien qu’il existe, la question est plutôt le constat contestable d’un bilan contrasté. Mais ce bilan ne sera définitif qu’au dépôt de bilan, lorsque nous serons allés trop loin ou lorsque nous aurons redressé la barre. Alors, il faut croire, agir et espérer. Croire en étant croyant ou croire sans être croyant, l’important est d’avoir des
convictions et de garder un regard d’enfant sur le monde.

C’est pourquoi j’ai écrit ce texte en Fantin. Le Fantin est une langue à part, qui se parle dans toutes les langues : il suffit d’utiliser l’humour pour dire des choses graves et un ton très docte pour les plus grosses conneries. Ne pas confondre avec les débats télévisés : on ne parle en Fantin que lorsqu’on n’est pas dupe de ses propres paroles, on ne parle en Fantin que lorsqu’on
sait rêver et que l’on a le cœur plus gros que le ventre.

 

Philippe

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