Pensées vagabondes… 56. La nouvelle ville

Et le roi envoya pour construire une ville près de la mer.

L’Intendant et l’Architecte joignirent leurs efforts et se disputèrent souvent sur chaque détail, car jamais ils n’étaient d’accord. Et le Général sauva la ville par trois fois, car l’ennemi convoitait les boiseries de cèdre, les outils et les esclaves rassemblés pour le travail. Le Maître des tailleurs de pierres inventa de nouvelles techniques car les anciennes ne pouvaient construire les inventions de l’Architecte. Le Chef de la main d’oeuvre s’épuisa en arbitrages incessants et c’est son fils qui termina son ouvrage. Le Grand Prêtre fit mille sacrifices pour que Dieu reste propice et favorable et les prophètes assurèrent que ces sacrifices évitèrent deux inondations et un tremblement de terre. Le Percepteur rassembla les fonds et l’Ambassadeur rechercha les matériaux et les artisans qu’on ne trouvait pas dans le  royaume.

Et chacun envoya un courrier au roi demandant qu’en récompense de ses efforts, son nom soit donné à la cité. Mais le roi ne répondit à aucun d’eux.

Le jour de la dédicace, le roi annonça qu’il donnera pour nom à la ville celui du fou. Et tous dirent au roi que le fou n’avait nullement participé au chantier. Et le roi répondit :
« La seule personne qui a créé cette ville est celle qui a eu l’idée de fou de la construire ici.
Aucun d’entre vous n’aurait travaillé à cette construction s’il n’y avait pensé et ne m’en avait fait part.

Vous avez tous construit une grande et belle cité, mais un seul l’a créée, et en un seul jour : c’est le fou. »

 

philippe

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