Pensées vagabondes… 37. Le voisin d’en face

Un homme parlait avec son voisin d’en face. Et l’homme était amer à cause de ses fils.

Le premier, expliquait-il, est né sous une bonne étoile. J’ai adopté le second, né sous X et qui maintenant encore, signe d’une croix. Le troisième est né au crépuscule de ma vie, au clair de lune ; il a décoré de croissants toute sa maison. Tous trois se battent en permanence sur
n’importe quel sujet. Plus aucun ne m’écoute et ils ont oublié qu’ils étaient fils du même homme. Il y a pourtant assez de place et de travail sur le domaine. Je le leur ai expliqué mais ils ne veulent pas comprendre.

Tu as raison, répondit Satan à Abraham, ils sont trop cons !

Et il retourna sur la terre pour diviser les hommes. Et Abraham descendit lui aussi sur cette terre où, errant et voyageur de son vivant, il n’avait jamais possédé l’espace pour y poser le pied.

Abraham arriva à Paris, en 1942. Et il vit un prêtre accompagné de quatre enfants de chœurs entrer à la Grande Mosquée de Paris. Intrigué, Abraham les suivit. Si Kaddour, le recteur, les accueillit et les conduisit au sous-sol. Les enfants retirèrent leurs aubes : ils portaient une
grande étoile jaune cousue sur la chemise.

Et Abraham pensa : Ils ne peuvent pas encore prier ensemble, ni même manger à la même table, mais Satan est loin d’avoir gagné !

 

Philippe

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