Pensées vagabondes… 58. La route des caravanes

Une petite randonnée sur une dune ?

Juste pour le plaisir d’y faire des traces de pas…

Le roi considérait la longue route des caravanes et le vent qui en effaçait les traces de dune en dune.

Et chaque guide de caravane avait l’impression de tracer une route nouvelle à chaque voyage alors que ses chameaux mettaient leurs pieds dans les traces oubliées de ceux qui étaient passés avant eux. Le roi aurait voulu enseigner les guides de caravanes pour qu’ils cessent de croire qu’ils ouvraient des routes nouvelles mais le fou lui dit que quand les guides ne croiront plus ouvrir de nouvelles routes, ils voudront explorer d’autres pays, les marchandises arriveront en moins grand nombre sur les marchés et le peuple sera appauvri.
Car le peuple des caravanes ne pouvait porter la vérité du roi.

Le Scribe, qui était présent, comprit que ses élèves, qui tous se croyaient capables d’inventer un style d’écriture nouveau ou de nouvelles règles de poésie, ne faisaient qu’ajouter quelques plumes à l’oeuvre commune.

L’Architecte décida de réparer les bâtiments abandonnés construits aux siècles passés et n’hésita plus à les améliorer, car il comprit que son nom gravé sur les pierres de taille sera effacé par le vent, le sable et la pluie.

Le Général consultait les mémoires de son grand-père. Il y lut que les villes qu’il avait récemment conquises étaient celles que son aïeul avait déjà prises, puis perdues au vent de l’ennemi.

Le Grand Prêtre sut que le culte qu’il avait réformé avec soin pour amener le peuple à plus de ferveur avait suivi la même route qu’avait tracée la réforme de son père : seule comptait la ferveur qui fera avancer le culte jusqu’à la génération suivante.

Et le roi, qui venait de faire frapper une nouvelle monnaie à son effigie, comprit qu’il avait seulement refondu l’or des anciennes pièces. Et il se demanda si tout ceci avait un sens.

Le fou avait lu la question dans le regard du roi. Il lui répondit : Le but de l’étape du jour changera demain, mais seule compte la démarche des caravanes qui ouvrent chaque jour leur route dans le désert. Et le vent effacera leurs traces afin que les caravanes suivantes puissent avancer demain.

 

Philippe

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