Pensées vagabondes… 11. Le lait de chèvre

Ce texte, pour moins de fanatisme et plus d’amour…

Dieu, dans sa grande sagesse, voulut savoir qui, parmi les hommes, l’aimait vraiment.

Par ses serviteurs les prophètes, il ordonna aux hommes de ne plus boire de lait de chèvre.

Aussitôt, tous les hommes se mirent à aimer le lait de chèvre, son goût acidulé, sa crème à nulle autre pareille, ses qualités indéfinissables qui firent du lait de chèvre une grande tentation.

Et Dieu observa les hommes.

Certains résistaient vaillamment, d’autres difficilement, certains avec courage et d’autres seulement par crainte, certains par amour de Dieu et d’autres par résignation à la Loi. Et Dieu aimait le tapis d’obéissance que les hommes avaient tissé, où il ne se trouvait pas deux brins de laine qui aient la même longueur, la même épaisseur, la même couleur et la même texture.

Certains hommes n’obéissaient pas à la Loi car ne pas boire de lait de chèvre était au-dessus de leurs forces. Dieu, qui connait la force de tout homme, leur pardonnait. D’autres n’obéissaient pas par bravade, par orgueil ou par révolte contre Dieu. Les prophètes exhortaient de tels hommes pour les ramener à la sagesse. Et Dieu aimait le pardon, la sagesse et le zèle des prophètes. Le Grand Prêtre, voulant éradiquer le péché du royaume, fit massacrer toutes les chèvres et briser toutes les jarres de lait. Et les serviteurs du Grand Prêtre fouillaient tous les marchands aux frontières, pour vérifier qu’ils n’apportaient rien d’impur. Et le pays fut pur, totalement pur.

Ainsi disparurent du royaume le péché, la tentation, le pardon et l’amour de Dieu.

Et Dieu, dans sa grande sagesse, fit venir l’ennemi, qui fut vainqueur et qui déporta tout le peuple dans un pays impur, où l’on trouve des chèvres.

 

Philippe

 

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