Pensées vagabondes… 50. Le ménestrel

Aujourd’hui c’est jour de fête, car le fou a trouvé plus fou que lui!

Le chanteur n’avait que des notes mélancoliques, et il ne savait pas pourquoi son cœur était si lourd.

Les fifres et les tambourins l’accompagnaient gaiement, les danseuses brillaient de mille étoiles et les acrobates étonnaient le roi et la cour. Et le chant magnifiait le royaume, mais les notes résonnaient pleines de douleur sur les voûtes centenaires du palais. Et plus d’un noble seigneur faisait la moue de réprobation, n’ayant jamais entendu telle mélopée en lieu de tarentelle, attendant la fin du chant avec impatience en se promettant de ne jamais inviter ce ménestrel en son propre château.

Et le roi entendait ce chant mélancolique au milieu de splendeurs magnifiques, de danses entraînantes, d’oriflammes multicolores et de trompettes éclatantes. Et il comprit que ce chant était semblable à un royaume dont l’éclat, la renommée et la splendeur feraient écho au
dénuement de ceux qui y construisaient des châteaux.

Et le fou, qui lisait dans le cœur du roi, sût que le chanteur avait un pouvoir plus grand.
Car il avait écrit dans le cœur du roi.

 

Philippe

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