Pensées vagabondes… 17. La clef de sol

Parfois, on trouve la muse qu’on trouve, c’est la muse Hic.

On a volé la clef de sol, laissant les instruments sans maître, ni étalon ! La flûte, enchantée, fait feu de tout hautbois, les rondes font des pauses, les cuivres ne sont plus que des volées de croches !

En désespoir de cause, on prit en lieu et place une clef de do, mais nul ne s’accorda, trop grave à Montaigu, et trop aigüe à Graves.

Dom Rémi, auteur éminent dominant fulminant, fit fi de tout obstacle et misa sur un fa.
Il voulait dièser ce fa vers le sol et y attela trois fausses notes.
Hélas, les trois canards ne firent que simagrées.

Enfin, on retrouva le sol, miré par un geai qui l’avait emporté. Le geai, ayant pris la clef des chants, se crût Maître Chanteur et durant plusieurs jours, s’acharna à être l’unique interprète à la clef. Il s’y épuisa tant qu’on retrouva l’ami geai sur le sol.

Et on remit le sol dans un grand sac à dos pour le ramener à l’orchestre.
La clef s’enficha, dans le sol de la salle où on joue désormais.
C’est elle désormais qui veille sur toute partition de l’orchestre et au pupitre, sur Dom Rémi.

La clef, dorée, si facile à cirer, si facile à mirer, mit raide aussi la sole, de l’orchestre.

Et tra-la-lyre !

 

Philippe

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